Voyager en bateau ou soigner le mal des transports

A bord d’un joli voilier lors d’une croisière entre amis, d’une traversée vers la Corse ou d’un petit cabotage dans les Caraïbes, certains d’entre nous vont découvrir les joies de la « cinétose » qui n’est non pas un joli état méditatif en mer mais bien le mal de mer du grec kinein : mettre en mouvement.

C’est l’exact nom du mal de mer en fait  « le mal du mouvement » qui peut aussi surgir en voiture, en avion et même parfois à cheval, voir en train ! les enfants y étant particulièrement sensibles…

Qu’est ce que le mal des transports ?

 En fait il s’agit d’informations contradictoires entre l’œil et l’oreille interne. C’est le sens de l’équilibre qui est touché car notre corps reçoit deux informations : l’une de l’oreille interne qui contrôle l’équilibre et l’autre par les yeux. En quelque sorte, l’oreille interne ne comprend pas bien pourquoi on est immobile dans un univers mouvant.

Les symptômes peuvent être très variés allant de la sudation à la pâleur jusqu’aux nausées voir vomissements, désorientation, trouble de la vision, de l’équilibre, maux de tête etc… Certains marins racontent le cas de personnes tellement terrassées par leur mal de mer qu’il fallait les empêcher de sauter par-dessus bord tant elles étaient prêtes à tout pour arrêter cet enfer !

Les symptômes ont tendance à disparaître lorsque le mouvement cesse, au plus tard 2 ou 3 jours après l’embarquement (mais c’est long !!)  et s s’atténuent au fur et à mesure du voyage au long cours, normalement au bout de 48h le corps a compris et admis la situation !

Alors, que faire pendant ces quelques heures ou jours pour s’adapter à ce mal des transports ? 

Ecoutons les bons conseils des marins (même eux sont parfois sujets à ce mal) en appliquant la règle des 4 F : faim, froid, frousse, fatigue consistant à ne jamais avoir l’estomac vide en mer, à être bien couvert, à arriver à bord plutôt reposé et l’esprit au maximum « zen, relax » !

  • Ne lisez pas
  • Ne prenez pas de moyen de transport l’estomac vide si vous êtes sujet, nourrissez-vous avant le voyage, sans abuser et en évitant les aliments gras
  • Buvez régulièrement pour ne pas se déshydrater (pas d’alcool évidemment !) et plutôt une boisson sucrée afin de ne pas avoir faim
  • A bord, ne restez pas à l’intérieur mais installez vous sur le pont (ouvrez la vitre pour l’air frais en voiture) en veillant surtout à être couvert selon la règle des 4F. En voiture, n’hésitez pas à demander au conducteur de s’arrêter sur le bas-côté de temps en temps. En train, ne pas s’asseoir dans le sens opposé à celui de la marche !

Ce que le yoga peut apporter :

  • Pensez à autre chose ! On appliquera ici un des premiers yogas sûtra de Patanjali I.2 Yoga citta vrtti nirodah qui signifie : refuser de se laisser emporter par les tourbillons de son esprit et détourner son attention sur quelque chose d’autre. Le yoga nous apprend en effet à contrôler et orienter nos pensées. On évitera de ressasser des idées noires (je suis mal, je suis malade, j’ai mal au cœur) et on essaiera plutôt de trouver une compagnie amusante ou distrayante parmi l’équipage ou les passagers. Mieux vaut ne pas se concentrer sur des objets trop proches (éviter de manœuvrer par exemple)
  •  Regardez plutôt sur le côté mais ni par devant, ni par derrière. Fixez ce point et oubliez ce qu’il y a autour, concentrez-vous. Regardez la côte ou sur le côté (nuage, lune, ligne d’horizon) et évitez de regarder devant ou derrière.
  • Choisissez un endroit le plus au centre du bateau, là ou normalement cela tangue le moins et si possible, allongez-vous au centre (sur un voilier en général sur le plancher du carré). Restez calme, concentrez vous sur votre respiration abdominale : le ventre se gonfle à l’inspiration et s’abaisse à l’expiration. Restez concentré.
  • Si le malade a réussi à se calmer ou est déjà un pratiquant en yoga, on peut lui suggérer de faire en position assise, quelques exercices de respiration calme, avec un « drstti » c’est-à-dire un point de concentration qui permettra à l’esprit de se fixer. On pourra essayer de se concentrer sur le chakra entre les sourcils (bruhmadya) ou sur le nombril (nâbhichakra). En effet comme l’explique Bernard Bouanchaud dans les « Yoga Sûtra de Patanjali », selon les médecines traditionnelles indiennes et particulièrement selon Krishnamacharya, le nombril est le point d’équilibre, c’est-à-dire le centre de gravité du corps. Une concentration sur ce point aide à garder « la tête froide »!
  • Et maintenant essayons de méditer ! Méditer sur un référent fixe par exemple sur l’étoile polaire qui ne se déplace jamais, se trouve toujours au même endroit, c’est le référent fixe par excellence ! Méditer sur l’étoile polaire, en paix, le regard intérieur immobile jusqu’à réussir à calmer votre mental. Difficile mais ça marche !

On pourra aussi donner des yuktis (ruse en sanskrit) pour détourner l’esprit : faire quelques exercices simples avec les doigts à coordonner avec la respiration : inspire sur un doigt, expire sur le suivant etc…

Enfin, bonne nouvelle, au bout de 2 ou 3 jours et dans 9 cas sur 10, on est “amariné” !

Mais à la descente du bateau, certains cas (désespérés !) connaîtront le mal de terre, l’adaptation inverse, avec la sensation que « tout tangue ». On l’appelle aussi le mal du débarquement, bien connu des marins lors de leur retour à terre. Les enfants y sont particulièrement sensibles. Heureusement ce mal est toujours bref et bénin. Sinon même punitions et même conseils qu’au dessus,  cherchez à détendre votre corps et faites une petite pratique assise avec quelques exercices de respiration et concentration sur ces points.

Enjoy quand même votre voyage en bateau !

Yogie et voyageuse. Tentant la zénitude à tout moment, même en voyage !

Be first to comment